Le patrimoine maritime accoste à Ducontenia....

Publié le par Itsas Begia

Le patrimoine maritime accoste à Ducontenia....

Trompé par le brouillard, le vapeur « Isbergues » s’échoue au pied de la Corniche sans faire de victime le 4 février 1896. L’image a été retrouvée dans les collections du musée d’Aquitaine.

( photo DR ).

Après deux escales au musée d'Aquitaine et au pôle archives de Bayonne, la magnifique exposition d’Itsas Begia a jeté l’ancre à Saint-Jean-de-Luz. À voir absolument .

Pas besoin du bruit des vagues en fond sonore. Les photos présentées jusqu'au 29 novembre par l'association Itsas Begia et le musée d'Aquitaine sont suffisamment puissantes pour transformer la villa Ducontenia en un grand port de pêche. Il faut analyser les 65 clichés en noir et blanc de l'exposition pour sentir l'odeur de la sardine, du gasoil, du charbon et de l'océan.

Ces photos auraient pu sombrer dans l'oubli, parmi les 255 000 images de la photothèque du musée d'Aquitaine. Mais les forces vives de l'association Itsas Begia sont arrivées à la rescousse, tels des sauveteurs de l'histoire en mer, pour dater et localiser certains clichés non répertoriés. Le fruit de ce travail gigantesque : un magnifique livre et une exposition trilingue (français, espagnol et basque) baptisée « Regard sur le patrimoine maritime basque ». Tout y passe : la transformation des ports de la Côte basque, les différentes pratiques de pêche, les avancées technologiques et l'émergence du tourisme.

Des clichés inédits

Pour dégainer le croc ou la canne, un pêcheur de thon rouge doit connaître l'océan comme son aquarium. Il en est de même pour le patrimoine maritime basque. Ça tombe bien, Itsas Begia a l'œil et la mémoire de la mer. « Nous avons eu la chance de bénéficier de la technologie du musée d'Aquitaine qui a pu numériser, restaurer et agrandir de vieux clichés inédits », raconte Christian Ondicola, permanent de l'association, qui fait visiter l'exposition tous les vendredis, à 15 heures.

Quand le spécialiste commente une photo, c'est comme s'il jetait une bolinche pour remonter des souvenirs pélagiques. Cette tour de guet sur le plateau de l'Atalaye à Biarritz ? « Elle était utilisée pour faire des grands feux et diriger les bateaux vers tel ou tel port selon les conditions de mer. » Ces trois bateaux échoués le 5 novembre 1890 sur la Grande Plage de Saint-Jean-de-Luz ? « Un des vapeurs a voulu échouer volontairement pour ne pas casser sa coque mais il a embarqué les ancres des autres dans la manœuvre. »

Ces dizaines d'ouvriers en train de déplacer des blocs à Socoa ? « La photo a été prise au début du chantier de construction des digues, en 1865 peut-être. On remarque une voie ferrée qui servait à transporter les pierres de la carrière de l'Untxin. » Christian Ondicola ausculte les clichés comme un mareyeur les yeux d'un poisson débarqué à la criée. « On voit les premières vapeurs du port de Saint-Jean-de-Luz qui se sont démocratisés grâce à l'amateur Pierre Letamendia. »

Bientôt aux Récollets ?

Toutes les formes de navires sont passées au crible : les chaloupes biscayennes, les couralins de l'Adour ou les passeurs de la Bidassoa. Les bâtiments en arrière-plan également. « En regardant les photos de plus près, on arrive à refaire l'histoire socio-économique des ports », confirme Christian Ondicola. Difficile de reconnaître l'hôtel Getaria ou le quai des allées Marines à Bayonne. Ou même de croire que des parcs à huîtres étaient entretenus au niveau de l'actuel port de plaisance de Larraldenia.

La ressource en souvenirs est illimitée : « En regardant les clichés de plus près, certains visiteurs nous racontent des anecdotes et nous délivrent de nouvelles informations », poursuit Christian Ondicola. Preuve que la mémoire de la mer est encore profondément ancrée ici.

Si le centre d'interprétation des Récollets voit le jour dans les années à venir, cette exposition itinérante pourrait s'y installer définitivement. En attendant, elle ira caboter jusqu'à Saint-Sébastien en 2016 et Biarritz en 2017.

À la villa Ducontenia jusqu'au 29 novembre. Du mercredi au dimanche de 14 h 30 à 19 heures ( Entrée gratuite ).

Visites commentées tous les vendredis, à 15 heures. Inscriptions recommandées au 06 43 86 83 19.

Le livre est en vente à l'exposition (15 € )

Journal Sud Ouest du 15 octobre ( Arnaud Dejeans )

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