La chaloupe sardinière à vapeur L'Alba de l'association " Trois Mâts Basque "

Publié le par Itsas Begia

©A. D.

Le projet « Alba » a été lancé hier au chantier naval MARIN à l’Encan. Le charpentier Julien Marin est entouré du coprésident de Trois-Mâts basque Boris Solin et du coordinateur Bruno Hervouet.

L’association Trois-Mâts basque lance la construction d’une chaloupe sardinière à vapeur en attendant la validation de son grand projet « Biscaye »

Trois-Mâts basque ne manque pas d’ambition. Il y a trois mois, l’association dévoilait les contours de son somptueux projet : construire la réplique d’un trois-mâts goélette de 32 mètres du XIXe siècle et créer un musée sur le patrimoine maritime basque. Le tout à Socoa, sur la zone technique du Département, située près de la maison des blocs.

Avant même de savoir si toutes les collectivités sont prêtes à lui donner le feu vert, Trois-Mâts basque vient de donner le coup d’envoi officiel d’un autre chantier, plus modeste : la réplique de « L’Alba ». Cette chaloupe sardinière à vapeur a vu le jour en 1907 au chantier Letamendia à Ciboure (1). Elle servait à pêcher la sardine et l’anchois au printemps, mais aussi à transporter des touristes l’été, sur la Nivelle et dans la baie.

Membrure ployée

Sa grande cheminée, qu’on retrouve sur de vieilles photos en noir et blanc, ne trompe pas. Les moteurs de « L’Alba » ronronnaient grâce au charbon. « La nouvelle chaloupe sera dotée d’un moteur classique, même si la cheminée sera conservée », précise Boris Solin (ancien officier de marine et responsable de Bleu, la galerie luzienne), un des trois coprésidents de l’association avec Michel Pery (ancien capitaine du « Belem ») et l’industriel Yann Maus (mécène du projet).

Pourquoi Trois-Mâts basque se lance-t-elle dans la construction d’une réplique de chaloupe alors qu’un chantier marathon de huit années l’attend avec le « Biscaye » ? « Car cette chaloupe servira à transporter les visiteurs entre le quai du port de Saint-Jean-de-Luz et le chantier-musée à Socoa. Sa capacité est de 30 passagers. »

Et si le projet « Biscaye » ne voit jamais le jour ? « Alba » sera quand même construite. Trois-Mâts basque a choisi le chantier Marin, au cœur de Ciboure, pour faire renaître la chaloupe en bois. C’est ici que le « Boga-Boga », le « Vagabon » ou le « Begnat » ont été construits. C’est ici aussi que le « Patchiku » a été rénové il y a quelques années. Les charpentiers de marine Luxito et Julien Marin vont utiliser la technique très particulière des membrures ployées pour fabriquer la coque de « L’Alba ». Durée du chantier : deux années environ.

Un projet à quatre étages :

Cette chaloupe n’est que le premier étage de la fusée « Biscaye ». Le projet en compte quatre : construction de « L’Alba », rénovation des chais à Socoa pour l’accueil du chantier-musée, construction du « Biscaye » et, enfin, exploitation de ce dernier. C’est là toute l’originalité du projet : l’association veut que le public puisse naviguer sur ce futur bijou construit en 1878 à Bilbao.

« Nous voulons mettre à l’honneur le patrimoine maritime basque. À l’échelle de la grande région, ce projet est parfaitement complémentaire avec ceux de “L’Hermione” à La

Rochelle ou du “San Juan” au chantier Albaola de Pasajes », résument les forces vives de Trois-Mâts basque.

Faire sauter les derniers verrous

Si tous les élus sont convaincus de l’utilité de ce projet au point de vue patrimonial, culturel et touristique, reste maintenant à faire sauter les derniers verrous administratifs et à convaincre les collectivités de mettre un peu la main à la poche.

« Le chantier de l’Hermione attirait 200 000 visiteurs par an en moyenne. Nous tablons sur 85 000 visiteurs pour le “Biscaye”. Une grande partie du projet sera financée par un groupe de mécènes. Nous ferons également appel à d’autres bienfaiteurs (2) », conclut le coordinateur de Trois-Mâts basque.

(1) Le chantier Letamendia était situé à l’emplacement actuel des Cycles Lapiz.
(2)
www.troismatsbasque.org.

Repères

14 : C’est en mètres la longueur de la chaloupe.Elle fait 2,8m de large.

550 000 : C’est en euros le prix de « L’Alba ». Le trois-mâts coûterait 11 millions d’euros. Le projet global est évalué à 21 millions d’euros au total.

Un extrait vidéo de la conférence

 ( Article Journal Sud Ouest du 03 juillet )

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