Mardi 10 août 2010
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Notre association a été invitée à la journée du battel « Battel eguna » à Gétaria et nous avons pensé qu’il était mieux de s’y rendre non par la route avec notre battela éponyme « Itsas Begia » sur sa remorque (tient
encore un terme maritime adopté par les terriens) mais par la mer avec la chaloupe « BROKOA » remorquant le battela, la distance est de 27
milles.
Les yeux sont petits et mal réveillés, l’heure matinale marque les traits de ceux peu habitués à fréquenter
les quais aussi tôt, il est 04h30…la foi dans le patrimoine maritime soulèverait des montagnes ou plus approprié… viderait des océans.
Comme prévu et sans retard les huit membres de l’équipage embarquent, occasion de découvrir lesquels ont
besoin d’un long préchauffage et lesquels démarrent au quart de tour ; à 05h15 nous sortons de la rade, le ciel est clair et étoilé mais il ne fait pas chaud, assez vite les vareuses
recouvrent les polaires qui se cachent ensuite sous les vestes.
La route directe nous fait passer « à portée de mousquet » du cap Figuier que les marins d’ici
n’appelle jamais autrement que « La Pointe ». Ces beaux paysages plongent quelques-uns dans une rêverie si profonde qu’elle imite à la perfection…le sommeil, ils ne verront pas le
magnifique lever de soleil dans le sillage et sur la poupe du battela qui suit docilement.
Par le travers de Pasaia tout le monde est attentif et intrigué par les quatre cargos en attente, certaines
installations industrielles ne travaillant pas le dimanche les marins sont priés d’attendre au mouillage, situation qui peut être vite inconfortable voire intenable dans certaines conditions
météorologiques.
La baie de Donostia est toujours aussi belle et paraît toujours accueillante mais aujourd’hui il nous reste
encore du chemin à faire.
Arrivé à cette longitude certains fins connaisseurs des habitudes gastronomiques d’ego alde craignant un
déjeuner tardif lancent l’idée d’un casse-croûte, évidemment l’équipage suit comme un seul homme et aussitôt apparaissent les charcuteries maison ainsi que les pains venant tous du
« meilleur boulanger de la région » mais tous différemment emballés...
Quand les charcuteries ont disparu c’est Getaria, bien abritée derrière le cap San Anton, qui se dessine déjà parfaitement à l’horizon.
Arrivé sur rade vers 09h30 le battela est armé, malheureusement la faible brise solaire mollit déjà et c’est
à l’aviron qu’il faut entrer au port ; spectacle surprenant toutes les autres embarcations participant au rassemblement sont sur leurs remorques routières, alignées sur le quai mais leurs voiles sont hissées faisant décor et ombre car le soleil est déjà mordant.
BROKOA et ITSAS BEGIA sont amarrés dans le vieux port le temps de saluer les équipages et les organisateurs,
nous en connaissons quelques uns qui étaient venus à notre rassemblement de mai 2009.
Les embarcations sont toutes pimpantes et présentent toutes des
détails intéressants, par contre il y a plus de canots à tableau que de battela proprement dit et nous
regrettons presque de ne pas aussi avoir emmené notre canot « LOUIS AUGUSTE ».
Nous pouvons voir un battella de 1923 présentant un surprenant et moderne puits de dérive, nous en
connaissions l’existence mais là « dans son jus » avec tout le matériel d’armement et les accessoires d’époque c’est un vrai plaisir.
Vers 11h00 toutes les embarcations sont à l’eau, l’idée est de sortir du port à l’aviron et groupés, puis au
coup de corne convenu de hisser les voiles pour faire route vers Zumaia ; au fameux signal toutes les embarcations sont encore loin de pouvoir parer le cap San Anton à la voile alors il faut louvoyer et s’aider de quelques coups d’aviron, en passant sous l’imposante falaise le phare et les goélands nous regardent de haut,
mais il est déjà tard et le projet d’assister aux courses de traînières de Zumaia est compromis car tradition oblige le départ de la première txanda est donné à midi pile.
Vers 13h00 le signal est donné « jateko bidea » ou « a comer » toutes les embarcations
n’écoutant que la faim des équipages virent de bord pour revenir à Getaria.
Nous naviguons au travers pour le retour et l’esprit de compétition autant que la faim affutent les tactiques, le vent est faible et il faut littéralement « chasser les risées » et choisir des options plus ou moins à terre où les
falaises créent des revolins.
Vers 14h00 les moins bons tacticiens sont arrivés à bon port, les équipages s’entraident pour remettre les
embarcations sur les remorques, nous allons les aider car il est agréable de pouvoir se rafraichir jusqu’aux genoux par cette canicule.
Vers quinze heure nous sommes installés sous un préau pour déguster un excellant marmitako de thon, certains
remarquant que cette année les balbaya de patates avaient dû être plus nombreux que les sardara de thon… Fromage et membrillo le tout poussé par un vin…qui poussait bien. A la fin de repas tous
les équipages se retrouvent sur le fronton pour la photo de groupe.
A 18h00, comme prévu, nous appareillons et à l’évocation des souvenirs de la journée la route de retour nous
paraît courte, tout de même entrecoupé d’un copieux casse-croûte dont un excellent gigot cuit à la braise est la pièce maîtresse.
A 23h00 BROKOA et ITSAS BEGIA sont amarrés dans le port, rangés
et propres, nous débarquons content mais fatigués de cette longue journées, par chance nous ne devons pas recommencer le lendemain et nous avons une pensée pour les pêcheurs qui voyaient de
telles journées se succéder sans relâche (tient encore une expression que les terriens ont emprunté).
Le périple en diaporama ....