Résistances

Publié le par Itsas Begia

Le fort en résistance ( Sud ouest du 23 octobre )

Le réalisateur Miguel Courtois tourne ici quelques scènes d’une série pour TF1

Les figurants ont été recrutés localement.

Les figurants ont été recrutés localement. (PHOTO R. G.)

Raphaëlle Gourin

r.gourin@sudouest.fr

Uniformes vert-de-gris entrevus au pied du fort de Socoa. Affiche antisémite, tract glorifiant le nazisme, annonce d’exécution capitale : longer hier, dans les lueurs du petit matin venteux, la palissade de bois posée contre les pierres du fort de Socoa pour les besoins du tournage d’un téléfilm avait de quoi faire frissonner.

Seules quelques scènes de cette fiction, diffusée à une date pour l’heure inconnue sur TF1, sont tournées ici. Dans la série en six épisodes de 52 minutes, intitulée « Résistances », le téléspectateur suivra le personnage de Lili et sa lutte contre l’occupant allemand.

Après une journée de prises de vues en haut de la Rhune lundi, le réalisateur Miguel Courtois a posé ses caméras chez lui. Juste derrière la digue qui conduit au fort, sur les hauteurs de la corniche, en surplomb d’océan se trouve en effet sa maison de famille. L’érosion a creusé la roche en dessous et un important chantier est en court pour la stopper.

Préfabriqués dissimulés

Autant dire qu’il était bien placé pour savoir qu’en choisissant le fort pour décor à cette période de l’année, cela demanderait à ses équipes de régie un gros travail pour dissimuler les anachronismes. La possibilité de démonter grue et cabanes de chantiers pendant le tournage, un temps évoquée, a été vite exclue. Trop cher et impossible à tenir en raison des délais imposés pour les travaux (nos précédentes éditions).

La grue restera donc hors-champ. Pour dissimuler les préfabriqués disposés le long de la digue, l’option de la palissade de bois, décorée de fac-similés de pancartes de la Seconde Guerre mondiale a été choisie.

Bateaux coopératifs

Ce n’était sans doute finalement pas le problème le plus compliqué à régler pour les équipes du régisseur général, Guillaume Husson. « Il y a eu, par exemple, beaucoup de travail autour des bateaux du port », expliquent, en chuchotant, Adrien ou encore Magali, des membres de son équipe, tandis que Miguel Courtois braque sa caméra sur le groupe de figurants locaux recrutés pour jouer les Allemands.

Forcément, le bateau à moteur, le canot en épais plastique vert ou la bouée orange fluo font assez peu années 40. Et on en compte des dizaines. Alors il a fallu contacter tous les propriétaires de bateau. « Ceux qui ont reçu le message se sont montrés dans l’ensemble coopératifs et ont accepté de déplacer leurs bateaux pour le tournage », glisse Magali. Les autres embarcations trop modernes ont dû être écartées, le temps des prises de vues, puis replacées un peu plus loin. Dans la scène, que l’on devrait voir au second épisode de la série, des pêcheurs viennent en aide à l’héroïne. Il fallait donc bien une fois les spécimens trop actuels planqués, que le film montre des bateaux d’époque. Pas simple à trouver. Même s’il est un peu plus récent, le thonier monument historique qu’est le « Patchiku » a fait l’affaire. Les amoureux du port luzo-cibourien guetteront aussi à la télé le « Brokoa », le beau voilier noir de l’association Itsas Begia. Le « Bixintxo » a aussi été utilisé.

Le tournage se poursuit aujourd’hui à Ciboure et dans les bois, à Saint-Pée-sur-Nivelle, avant de se déplacer vers Bordeaux.

Publié dans 2013

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